Être « Au Pair » en Australie – Le Bilan !

10-things-every-parent-needs-to-survive-the-toddler-years
Être Au Pair : Mode d’emploi

Alors déjà être « Au Pair », qu’est ce que c’est?
La fille ( ou le garçon!) au pair aide la famille d’accueil dans la garde des enfants ainsi que dans certaines tâches ménagères légères en tant que membre de la famille à part entière. En contrepartie de son aide, le jeune au pair est gratuitement logé, nourri et blanchi et reçoit de l’argent de poche.
Le but du séjour au pair est l’échange culturel.

La liste des pays dans laquelle il est possible d’être Au Pair est longue :
Allemagne, Angleterre, Autriche, Danemark, Espagne, Finlande, Grèce, Irlande, Islande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Suède pour les pays d’Europe; Australie, Canada, Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Japon pour le reste du monde !

Chacun de ces pays a des règles bien spécifiques concernant les conditions pour y être Au Pair ! Par exemple pour les USA, passer par une agence est obligatoire, un test d’anglais est également demandé !

Quelques statistiques générales (en anglais désolé) :

azeazerazed

En Australie, il n’y a pas vraiment de loi régissant la situation des jeunes Au Pair !
Il n’est pas obligatoire de passer par une agence, ni de signer un contrat, il n’y a pas de durée légale, ni textes légaux concernant l’argent de poche, ni sur le nombre d’heures travaillées !
Tout est laissé à l’appréciation de la famille, et du jeune Au Pair !

Habituellement, la durée du séjour varie entre 2 et 6 mois, le nombre d’heures est compris entre 30 et 40 par semaine, pour un salaire hebdomadaire qui va de $250 à $350 (pour les plus chanceux)!
Certaines familles payent même le forfait de téléphone, fournissent une voiture avec le plein chaque semaine, emmènent leur jeune en vacances avec eux etc.
Ça dépend vraiment de chaque famille !

Il s’agit très souvent d’aider les enfants à se préparer pour aller à l’école (faire leur petit-déjeuner, ainsi que leur Lunch Box pour le midi), les y emmener, passer la journée ceux qui n’ont pas l’âge d’aller à l’école s’il y en a, puis récupérer les enfants à la sortir de l’école, et s’en occuper jusqu’à ce que les parents rentrent à la maison !
Des tâches ménagères peuvent s’ajouter à ça, souvent c’est en rapport avec les enfants (ranger leur chambre, leurs affaires, leur lessive etc), parfois c’est du ménage en général dans la maison.
Les week-ends sont libres normalement !
Mais encore une fois, l’Australie n’impose rien, c’est aux familles de décider du rôle de chaque Au Pair, de ses horaires, son salaire, son implication dans la vie familiale etc.

Mon expérience (ratée) !

J’avais décidé d’être Au Pair dès mon arrivée en Australie pour ne pas atterrir dans ce grand pays sans repères !
ça me semblait être une bonne transition entre ma petite vie en France, et cette toute nouvelle aventure ! Un bon moyen de ne pas trop dépenser dans le logement, la nourriture, tout en économisant un peu d’argent !
J’ai trouvé ma famille au mois de Juin sur un groupe Facebook dédié aux Au Pair (c’est certainement le moyen le plus courant pour trouver une famille en Australie), j’en ai déjà parlé → ici !

Entre le mois de juin et le mois de septembre, j’ai communiqué presque quotidiennement avec cette famille, et notamment la Maman ! On se racontait nos journées, on se posait mutuellement des questions etc.

lonfje

Distance entre leur maison et Sydney, en voiture.


Quand je lui ai demandé s’ils vivaient loin de Sydney, elle m’a dit que c’était très rapide en train, et évidemment je n’ai même pas pris la peine de regarder leur location sur une carte!

Elle m’a dit qu’elle était actuellement en recherche d’emploi, et que du coup elle était dans l’impossibilité de me donner un nombre d’heures, ou un salaire, qu’on verrait ça plus tard.
Sur le coup, ça ne m’a pas posé de problème.
Je voulais trouver une famille pour 3 mois, quand elle m’a demandé si je pouvais rester 4 mois, j’ai accepté !
Elle m’a dit qu’elle avait acheté un tout nouveau lit pour moi, qu’elle avait décoré ma chambre !
Tout me semblait en ordre ! J’avais hâte d’y être. J’ai donc arrêté mes recherches de famille, pour moi j’avais trouvé LA bonne !

 

 

 

 
Le 10 septembre j’ai atterri en Australie, il était 6h du matin!
J’ai, de nombreuses fois, envoyé mes horaires de vol à la Maman, elle m’avait que ça ne la dérangeait pas de venir me récupérer à l’aéroport.
Je m’attendais à les voir, ou au moins elle, en passant la porte de l’aéroport.
Mais non, personne.
Je l’ai appelé, elle avait oublié de vérifier mon heure d’arrivée et pensait que je ne serais là que dans quelques heures. Pourtant on n’a pas cessé de se parler entre mon départ de Paris et mon arrivée à Sydney !
Je l’ai attendu près de 2h à la terrasse du MacDonald’s avec ma tarte aux pommes, me demandant si oui ou non elle allait finir par arriver.
Ça commençait mal, mais bon ça arrive de se tromper d’heure, ça arrive, d’être en retard.
Après une attente interminable, elle m’a finalement demandé de la rejoindre sur le parking de l’aéroport. J’étais heureuse de la rencontrer enfin, j’avais hâte de voir les enfants !

2h plus tard, on était enfin à la maison.
Les enfants (un ado de 16 ans, une adorable fillette de 10 ans et deux garçons de 6 et 4 ans) étaient très heureux de me rencontrer, j’ai eu droit à un beau dessin, ainsi qu’un bracelet, et plein de câlins !
J’ai découvert ma « chambre », ou plutôt le placard dans lequel ils avaient placé un lit et une commode, de toute manière, il n’y avait la place pour rien d’autre. Impossible de faire plus d’un pas.
Pas de décoration sur les murs, rien. 
Mais bon, ce n’était pas grave, ma chambre ne me servirait qu’à dormir, alors je me suis dit que je n’avais pas besoin de plus que ça.

La première semaine a passée, j’étais debout tous les matins à 6h30 pour aider les enfants à se préparer pour l’école, préparer le petit-déjeuner, s’habiller, etc.
Le plus petit restait avec moi les lundis, mardis et mercredis toute la journée, il allait à la crèche les jeudis et vendredis. On est allé au parc, à la plage, on a cuisiné ! Et plein d’autres activités !
Le soir, je m’occupais des trois enfants entre 15h et 17H30 ! La douche, le pyjama et le repas si les parents n’étaient pas encore à la maison.
J’avais les week-ends de libre.

 

marionnoiram_2-0-20161107-0005             marionnoiram_2-0-20161107-0004



Au bout de cette première semaine, toujours pas un mot concernant mon salaire.
Moi j’étais persuadée que ce n’était qu’un oubli, ou alors qu’ils considéraient cette semaine comme « semaine test ». Quoi qu’il en soit je n’ai rien dit!
Je n’avais pas envie de passer pour quelqu’un attiré seulement par l’argent.
Il s’est avéré qu’ils m’ont donné $200 à la fin de la deuxième semaine, donc $100 dollar par semaine, bien loin de la moyenne de $300 dollar par semaine.
Ça m’a vraiment contrariée, je comptais attendre un peu pour trouver le bon moment pour leur en parler.

La maman m’avait promis monts et merveilles « On fera plein de choses ensemble, je t’emmènerai visiter, on ira au zoo, à la mer etc. ».
Jamais elle n’a proposé quoi que ce soit, passant ses journées sur le canapé, le téléphone à la main. J’ai très peu parlé du papa, parce qu’il était là, mais inexistant. Ne disant rien, obéissant à sa femme, en faisait les courses, le ménage, la cuisine.
Ah puis le ménage ! Je crois qu’un peu trop souvent, la maman m’a confondu avec sa femme de ménage, me demandant d’étendre 4 machines entières de linge, puis de les plier, et de les ranger; de passer l’aspirateur dans toute la maison, entre autre.

A cela, s’est vite ajouté un autre problème bien plus embêtant.
Les enfants, plutôt calmes et obéissants avec moi jusque-là, ont commencé à montrer leurs vrais visages au bout de quelques jours.
Des crises à n’en plus finir, à se taper la tête contre les murs, des caprices à chaque fois que j’avais le malheur de dire quelque chose.
Une insolence grandissante, que les parents soient là ou non. Et quand ils étaient là, ils ne punissaient pas leurs enfants, ils se contentaient d’une remontrance verbale qui n’a jamais rien changé à la situation.

Ces terribles garçon avaient 4 et 6 ans,. L’un était accro à la Xbox, l’autre à YouTube, ils pouvaient passer leurs journées devant ces écrans, et si je leur demandais de lâcher un peu tout ça, c’était des cris, des hurlements, des pleurs.
Quoi que j’aie pu faire avec eux (pâtisserie, football, sortie au parc, pique-nique), tout était prétexte à faire une crise de nerf, un caprice. C’est simple, ils n’écoutaient RIEN, faisant ce que bon leur semblait en défiant quiconque d’essayer de les en empêcher.
Et ça, c’était tous les jours, toute la journée.
Des caprices, des crises, des caprices, des crises, des hurlements, des pleurs de nerf.
Rien ne semblait les calmer, jamais.
Et un jour s’est ajouté à tout ça de la violence. Ils étaient déjà violents entre eux, envers leurs parents mais jamais envers moi, du moins rien de notable. Mais même s’ils ne faisaient « que » me taper, c’était inacceptable.
Je n’étais pas heureuse depuis un moment déjà, je me demande même si je l’ai été pendant mon séjour chez eux.

Et puis il y a eu la soirée de trop.
La soirée qui m’a fait dire « Stop ! On arrête là! »
C’était le samedi 1er Octobre, et je ne me doutais pas encore que ça serait ma dernière soirée avec eux.
Les parents m’ont demandé de garder les enfants entre 15h et 23H, devant se rendre à un mariage.
La journée avait pourtant bien commencé, je jouais avec la petite fille de la famille à la coiffeuse pendant que les garçons s’amusaient dehors au football.
Les parents sont partis, et là ça a été de pire en pire.
Les deux jeunes garçons ont commencé à insulter leur grand frère, puis à s’insulter, se frapper entre eux. Je les ai fait rentrer à l’intérieur, mis devant leurs écrans. La situation était plus ou moins sous contrôle, quand l’heure du bain est arrivée.
Premier enfant douché et habillé, pour le deuxième ça a été une autre histoire.
Il ne voulait plus sortir de l’eau, quand je suis allée le voir une énième fois pour lui demander de sortir, il a été très insolent, irrespectueux, et m’a renversé un bol d’eau dessus. Les nerfs commençaient à monter, le grand-frère à bien vu que ça allait dégénérer, il m’a remplacé pour le sortir de l’eau. Un deuxième bol d’eau par terre et une gifle plus tard, il était enfin sorti.
Ça a été la guerre pour l’habiller, il est resté nu pendant 3h, insultant, frappant, mordant tout le monde. J’ai rarement connu une telle situation.
Ca a pris des proportions terribles.
Les deux jeunes garçons se sont mis à jeter des objets, sur moi, sur leur frère, ils m’ont frappée, littéralement frappée, des coups de pied, des coups de poings, le lendemain j’en ai eu des bleus.
Des crises de nerf à n’en plus finir, les chaises ont volé, ils se sont roulés par terre, ont hurlé à la mort. La situation était incontrôlable. J’étais à deux doigts de claquer la porte, heureusement leur grand frère était là.
Et tout cela entre 16h et 22h.

Ça a dépassé de loin tout ce que vous pouvez imaginer. Ça m’a semblé irréel tellement c’était dingue. Même dans le pire épisode de Super Nanny, je n’avais jamais vu ça.
Des enfants si jeunes, et déjà si arrogants, irrespectueux, grossiers, insolents !
Ils m’ont dit des choses comme « Rentre chez toi, t’es pas un membre de notre famille », « Va te faire enc**** », « T’es qu’une grosse conne », « Je vais te frapper jusqu’à la mort », et ça ce n’est qu’un échantillon. 
Dans la bouche d’enfants de 4 et 6 ans, c’était, pour moi, intolérable.
Je pourrais continuer des heures à raconter cette soirée, mais cet article est déjà bien assez long!

Les parents sont finalement rentrés.
Ils sont venus me voir en me demandant comment s’était passé la soirée, je leur ai simplement raconté dans les grandes lignes et dit que ça avait été horrible, et qu’on aurait une discussion le lendemain matin.
Et donc le lendemain, en me levant, les enfants sont venu « s’excuser », ce qui leur a pris 30 minutes pour un « Sorry ».
J’ai demandé à ce qu’on ait une vraie discussion, on s’est mis autour de la table, les parents ont expliqué aux enfants pourquoi c’était mal etc. Ça a duré une heure. La discussion tournait en rond. Les enfants n’écoutaient rien (étonnant?).
Au bout d’un moment j’ai demandé à parler aux parents, seuls.
Je leur ai dit qu’un « désolé » n’était pas suffisant, que le comportement de leurs enfants était intolérable. Ce n’était pas la première fois qu’ils étaient insupportables et je savais que ça ne serait pas la dernière.
La maman m’a répondu que ce n’était que des enfants. Pour elle, tout était normal. Elle n’a pas compris que non, ce n’était ni normal, ni tolérable.
Elle a alors commencé à me rejeter la faute dessus, en me disant que j’insultais ses enfants, que je n’avais pas su faire assez d’efforts pour m’intégrer, que je ne faisais pas assez de choses dans la maison, elle m’a même reproché d’avoir joué à la coiffeuse avec sa fille la veille alors que j’aurai dû être dehors avec les garçons.
Je lui ai très clairement dit que ça n’allait pas être possible de continuer avec eux, qu’ils allaient devoir se trouver une autre fille Au Pair, et moi une autre famille.
Je pensais avoir quelques jours pour me retourner, et trouver une nouvelle famille mais non.
Ils ont voulu que je fasse mes valises et que je parte, tout de suite.
C’est donc ce que j’ai fait, je leur ai demandé de me déposer à la gare, ce que la maman a refusé « Elle ne peut pas prendre le bus?! », mais le papa m’a quand même déposé là-bas. Pas un mot pendant le trajet.

J’étais à la gare, j’étais seule, j’étais heureuse, enfin.

marionnoiram_2-0-20161107-0001

A la gare, le jour de mon départ !


Mes erreurs =
– Ne pas avoir demandé quel serait mon salaire hebdomadaire.
– Ne pas avoir demandé de photos de la maison.
– Ne pas avoir demandé le nombre d’heures que je ferais par semaine.
– Ne pas m’être renseignée sur la non-proximité entre Sydney et la Central Coast (où ils vivent).
– Ne pas avoir demandé quel serait exactement mon rôle dans cette famille, et les tâches que je devrais accomplir.
– Avoir été aveuglée par  la prétendue gentillesse de la Maman.
– Ne pas avoir parlé plus tôt du comportement exécrable des enfants.
– Avoir laissé passer beaucoup trop de choses (salaire, ménage, comportement des enfants)
– Avoir attendu 3 longues semaines avant de me décider à les quitter.

Et chez les autres ?

J’ai demandé à plein d’autres jeunes Au Pair de me faire part de leurs expériences, bonnes ou mauvaises !
Et voilà ce qu’il en est :

« J’ai été traitée comme un membre de la famille dès mon arrivée dans cette famille. Les parents m’ont tout de suite mise à l’aise, je me suis sentie comme chez moi. Les 3 enfants m’ont un peu testé les premiers jours, mais maintenant je les adore, ils sont adorables. J’ai même eu l’occasion de partir en vacances avec la famille, une expérience mémorable.
Je ne les oublierai jamais, et ce qui est sûr, c’est que je reviendrai les voir »
Traduit de l’anglais – Sarah S.

« La meilleure expérience de ma vie. Je n’ai envie que d’une chose : y retourner »
Traduit de l’anglais – Madvhi M.

« En tant qu’homme, je pensais que ça serait difficile pour moi, mais c’était une belle aventure. La famille était très sympa, les enfants aussi. C’était dur au niveau des horaires, mais je m’en suis sorti »
Traduit de l’anglais – Joshua W.

« Je me sentais mal dans la famille où j’étais, comme si je n’étais pas un membre de leur famille, alors je leur en ai parlé, ils ont compris et m’ont aidé à trouver une autre famille. »
Laura P.

« Pour moi l’expérience n’a pas été top, pas à cause de la famille, mais c’est moi qui me suis rendu compte que ce n’était pas fait pour moi, trop de travail, pas assez de libertés, j’ai préféré les quitter »
Traduit de l’anglais – Geri H.

aerr

La plupart du temps, l’aventure Au Pair se passe à merveille !


Conclusion :
TOUJOURS être bien sûr d’avoir tous les éléments en main avant de choisir une famille, connaître absolument le nombre d’heures de travail demandé, quel sera le salaire, où se situe la famille (à côté de Sydney, ça peut être à 3h de route !), combien d’enfants il y a, quelles seront les tâches ménagères à effectuer, TOUT ce qui peut être utile à savoir !

Il ne faut pas hésiter à parler avec la famille en cas de désaccord, et puis quitter la famille si aucune solution n’est envisageable !
Cette expérience peut être magique, comme elle peut vite se transformer en cauchemar !